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Laurent Leroux est le fils de
Germain Leroux d'Esneval et de Marie-Catherine
Vallée, la veuve de Pierre Beaudin. Germain
Leroux est un commerçant d'origine
parisienne et vient en Nouvelle-France comme
soldat. Il vit à l'Assomption en 1759,
où son nom figure parmi les habitants les
mieux nantis. En 1776, Laurent Leroux sait
suffisamment lire, écrire et faire de la
tenue de livres pour être engagé par
le marchand montréalais Pierre-Louis
Chabouillez, à titre de commis à
Michillimakinac au Michigan. En 1784, il devient
commis pour la compagnie de fourrure Gregory,
MacLeod and Compagny.
À l'automne 1786,
Laurent Leroux obéit aux ordres de John
Ross, son supérieur, et établit, au
nom de l'entreprise, un poste de traite sur la rive
du Grand lac des Esclaves. Il devient le premier
blanc à se rendre à cet endroit,
où il fonde Fort Resolution. À la
demande d'Alexander MacKenzie (explorateur qui a
découvert le fleuve portant son nom
aujourd'hui), avec qui il voyage, il établit
en 1789 un second poste de traite, Fort Providence,
dans la baie de Yellowknife. Il effectue de
nombreuses missions auprès des
Amérindiens pour les inciter à faire
la traite des fourrures avec lui. Il épouse,
à la façon du pays, une
Amérindienne de la nation des Sauteux avec
laquelle il a quatre filles.
En 1792, il quitte l'Ouest
définitivement pour prendre en main le
commerce de blé et de victuailles de son
père décédé. En 1796,
à l'Assomption, il épouse
Marie-Esther Loisel qui met au monde une fille.
Avec un associé, il contrôle la
confection de ceintures fléchées
qu'il expédie à la Compagnie du
Nord-Ouest. En 1798, il ouvre une fabrique de
potasse à l'Assomption et diversifie ses
activités commerciales en vendant des
articles de quincaillerie. Vers la fin de la
décennie 1790, il fait l'acquisition d'un
nombre impressionnant de propriétés
locatives. En 1817, il est un des rares
actionnaires canadiens-français de la
nouvelle Banque de Montréal.
Sur le plan social, Laurent
Leroux est juge de paix, capitaine de milice de
l'Assomption (1802-1810), major de la milice
(1819), trésorier de l'école primaire
de l'Assomption (1825) et grand juré de la
Cour du roi (1826). En 1827, il devient un des deux
députés de Leinster à la
chambre d'Assemblée du Bas-Canada, mais en
1830, il ne se représente pas.
Indifférent aux honneurs, Laurent Leroux
préfère consacrer ses moments libres
à la lecture et à son commerce, qu'il
possède jusqu'à sa mort. En 1854, il
s'éteint à l'âge de 95 ans.
Premier homme blanc à avoir exploré
le Grand lac des Esclaves, Laurent Leroux a su
faire fructifier l'héritage de son
père. Son flair pour les affaires et sa
propension à prendre des risques
calculés ont fait qu'à la fin de sa
vie, il a pu léguer à ses
héritiers une importante fortune et, fait
plutôt inusité pour un marchand de
cette époque, une impressionnante
bibliothèque. En son honneur, le centre
socioculturel francophone de Yellowknife porte
aujourd'hui son nom.
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