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Louise Arbour est issue d'une
famille bourgeoise. Elle fait ses études
secondaires à la Congrégation
Notre-Dame du Collège Régina
Assumpta, au nord de Montréal. En 1969, elle
débute des études de droit à
l'Université de Montréal. En 1971,
elle obtient sa licence et entre au barreau du
Québec. Elle est fascinée par la
capitale nationale. Elle entre au service du juge
Louis-Philippe Pigeon, qui siège à la
Cour suprême du Canada, et s'installe
à Ottawa. Elle reçoit sa licence du
barreau de l'Ontario en 1977.
Son ascension est fulgurante
: de professeur agrégée, elle devient
vice-doyenne de la faculté de droit Osgoode
Hall de l'Université York de Toronto. En
1987, elle est nommée juge de
première instance à la Cour
suprême de l'Ontario. En 1990, elle est
membre de la Cour d'appel de cette province. Elle
est la première francophone à occuper
ce poste en Ontario. Madame Arbour est reconnue
comme une juge efficace et audacieuse par ses
pairs. Elle a su laisser sa marque dans la
profession. Elle écrit de nombreux ouvrages
sur la Charte canadienne des droits et
libertés. Certains de ses jugements ne
passent pas inaperçus, notamment celui dans
lequel elle accorde, en 1992, le droit de vote aux
détenus. En 1995, elle dépose un
rapport dévastateur sur le système
pénitentiaire canadien à la suite
d'une enquête qu'elle a menée sur les
événements violents à la
prison des femmes de Kingston.
Elle jouit d'un très
grand respect de ses pairs et devient une figure
internationale. En 1996, le secrétaire
général des Nations-Unies, Boutros
Boutros-Ghalie, annonce qu'il a choisi la
Canadienne pour occuper le poste de procureur du
Tribunal pénal international (TPI). Louise
Arbour fait face à une tâche
colossale. Elle doit superviser le travail de deux
tribunaux qui ont été
créés par les Nations-Unies en
1993-1994. Le premier tribunal enquête sur
les crimes de guerre commis dans l'ex-Yougoslavie
et plus récemment au Kosovo, et le
deuxième tribunal doit élucider le
génocide perpétré au Rwanda au
printemps de 1994. Encore là, Louise Arbour
choque. En 1997, elle accuse la France de « se
traîner les pieds » en Bosnie en
évitant d'arrêter les criminels de
guerre. En mai 1999, en pleine guerre du Kosovo,
elle n'hésite pas à accuser le
président de la Serbie, Milosevic, de crimes
de guerre. De nombreux observateurs internationaux
critiquent son empressement car, disent-ils, cela
nuit aux chances de conclure un accord de paix avec
Belgrade.
En juin 1999, Louise Arbour
est la juriste la plus connue de la planète.
Elle décide de mettre un terme à sa
chasse aux criminels de guerre. Elle accepte un
siège à la Cour suprême du
Canada et remplace le juge à la retraite
Peter Cory. Elle apporte à la Cour
suprême de son pays une somme incroyable
d'expériences et une vaste connaissance du
droit.
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