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Louis Riel est le fils de
Louis Riel père et de Julie
Lagimodière, qui pratiquent la religion
catholique avec ferveur. En 1858, Mgr Taché
envoie Louis à Montréal poursuivre
ses études dans le but de le former à
la prêtrise. Louis Riel préfère
étudier le droit avec Rudolphe Laflamme,
puis il travaille à Chicago et à
Saint-Paul, Minessota, avant de revenir à
Saint-Boniface en 1868.
À l'époque, sur
les bords de la rivière Rouge, vivent
environ 10 000 Métis, en majorité
francophones et catholiques. Issus d'unions entre
coureurs des bois et Amérindiennes, ils
vivent de chasse aux bisons et cultivent des terres
très fertiles. En 1869, le territoire des
Métis est convoité par le
gouvernement canadien qui veut y installer des
colons anglophones en provenance de l'Ontario. Sans
tenir compte des droits des Métis, il envoie
des arpenteurs qui s'imposent avec beaucoup
d'arrogance. Devant cette menace, les Métis
décident de résister. Ils
établissent un gouvernement provisoire du
Manitoba (nom suggéré par Louis Riel)
selon le principe de tolérance et
d'égalité des cultures. Ce
gouvernement élit Louis Riel comme
président. Riel décide de s'emparer
de Fort Garry (Winnipeg) et publie une liste des
droits des Métis, pour souligner au
gouvernement fédéral l'importance de
négocier, avec les Métis,
l'entrée du Manitoba dans la
Confédération canadienne. Le
gouvernement McDonald consent à
négocier, mais les discussions achoppent au
printemps de 1870, lorsque les autorités
fédérales apprennent
l'exécution de Thomas Scott, un Ontarien,
par les Métis de Riel. La majorité
anglophone du Canada ne pardonnera jamais à
Riel cette exécution. Le 15 juillet 1870, de
par le Manitoba Act, le Manitoba devient la 5e
province canadienne. Le gouvernement du Canada ne
reconnaît pas le gouvernement de Louis Riel,
mais accepte la plupart de ses demandes
(linguistiques, religieuses et territoriales). On
conseille fortement à Louis Riel de s'exiler
; il part pour les États-Unis.
Dans les années 1870,
de nombreux Métis vendent leurs terres pour
aller s'établir plus à l'ouest, sur
les rives de la rivière Saskatchewan. En
1882, ils sont de nouveaux rejoints par les
arpenteurs fédéraux, qui montrent
à leur égard autant d'arrogance qu'en
1869, au Manitoba. Indignés, les
Métis font appel une fois de plus à
Louis Riel, toujours réfugié aux
États-Unis. Ils forment alors un
gouvernement et organisent la résistance.
Cette fois, ils ont l'appui des Amérindiens
de l'Ouest qui, à leur tour, se sentent
menacés par l'expansion des colons de l'Est.
Le gouvernement fédéral refuse de
négocier et décide d'envoyer les
troupes mater les rebelles. Les forces
combinées des Métis et des
Amérindiens ne peuvent résister aux
soldats bien mieux armés et
transportés sur les lieux par chemin de fer.
Au printemps 1885, ce soulèvement est
durement réprimé. Fait prisonnier,
Louis Riel est accusé de haute
trahison.
Le procès de Riel
divise les francophones et les anglophones du pays.
Les Canadiens français, sensibles à
la cause des Métis, crient à
l'injustice et réclament son acquittement.
Il est jugé à Regina, devant un jury
composé exclusivement d'anglophones, et est
pendu le 16 novembre 1885. Les Ontariens,
souhaitant venger la mort de Scott (1870) et
considérant les Métis comme des
rebelles, accueillent avec satisfaction l'annonce
de sa pendaison.
Encore aujourd'hui, cette
histoire demeure bien vivante. Au début de
l'année 1999, suite à un sondage
favorable réalisé auprès des
députés fédéraux, le
député Denis Coderre entreprit des
démarches officielles à la Chambre
des communes pour amnistier Louis Riel. Cette
amnistie permettra à l'histoire de
réhabiliter Louis Riel et de lui rendre tout
le mérite qui lui est dû : la
défense des droits des Métis et des
Amérindiens.
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