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Lorsque
Émilie Tremblay, née Fortin, a quinze
ans, sa famille émigre à Cohoes, New
York (É.-U.). Elle y rencontre Nolasque
Tremblay, qu'elle épouse le 11
décembre 1893. Le 16 juin 1894, après
un voyage de noces de 5 000 milles truffé
d'événements cocasses, Émilie
Tremblay arrive à Fortymile, au Yukon. Elle
devient la première femme blanche à
avoir traversé le col Chilkoot. Le couple
passe l'hiver à Miller Creek dans une petite
cabane en rondins. Cette année-là,
Émilie décide d'inviter les mineurs
à partager le repas de Noël. Au menu :
lapin farci, rôti de caribou, haricots bruns
bouillis, sardines du roi Oscar, pommes de terres
évaporées, beurre et pain sourdough
et pouding aux prunes. Sa réputation fait
vite le tour du Yukon. Au printemps, Émilie
et son mari font un jardin sur le toit de leur
cabane et récoltent radis et laitue à
profusion. De l'automne 1895 au printemps 1898, les
Tremblay rendent visite à leurs familles aux
États-Unis et au Québec. Ils
reviennent par la piste Chilkoot en pleine
Ruée vers l'or. En 1906, ils font un voyage
de quatre mois en Europe. Jusqu'en 1913, M. et Mme
Tremblay se promènent d'un emplacement
minier à un autre dans le Klondike. Par la
suite, ils s'établissent à Dawson.
Elle y ouvre un magasin de vêtements pour
dames. Ce magasin est aujourd'hui un bâtiment
historique.
Émilie
Tremblay était une femme très
courageuse qui s'est distinguée par son
engagement social et son dévouement pour les
autres. Elle a été fondatrice des
Ladies of the Golden North, présidente du
Yukon Women Pioneers et membre à vie des
Daughters of the Empire. Les nombreuses
médailles qu'elle a reçues et
quelques-uns de ses souvenirs ont été
remis au musée du Saguenay, au
Québec. Elle a été marraine de
25 enfants en plus d'élever la fille de sa
sur, devenue veuve avec 9 enfants à
nourrir. La maison d'Émilie était
toujours ouverte aux voyageurs, aux missionnaires
et aux veuves. Mgr Bunoz appelait Émilie la
« mère des missionnaires du Klondike
». Durant la guerre, Émilie a
tricoté 263 paires de chaussettes pour les
soldats, en plus de celles données en
cadeau. Un an après la mort de son mari, en
1935, elle rend visite à sa parenté
et à ses amis du Québec et des
États-Unis (1936-1939). En 1940, de retour
à Dawson, et âgée de 68 ans,
elle épouse Louis Lagrois à Dawson.
Elle laisse son commerce et déménage
dans la demeure de M. Lagrois à Grand Forks,
au Yukon. En août 1946, elle se rend à
San Francisco pour participer au congrès
annuel des anciens du Yukon. Elle a passé
les dernières années de sa vie dans
une maison de retraite à Victoria, en
Colombie-Britannique. Émilie Tremblay est
décédée le 22 avril 1949
à l'âge de 77 ans. En 1985, pour
commémorer son exceptionnel
dévouement, les autorités ont
nommé la première école
francophone du Yukon École
Émilie-Tremblay. C'est ainsi que la petite
Émilie de Saint-Joseph d'Alma, la petite
francophone, marqua l'histoire du Yukon.
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