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La place du français


Répartition géographique des communautés francophones

Les communautés francophones et acadiennes comptent 1 020 545 personnes de langue maternelle française en 2001. Ces francophones représentent 4,5 % de la population totale du pays.

Les francophones et les Acadiens du Canada forment une communauté éparpillée sur un territoire immense, sans liens apparents entre eux, bien qu’ils puisent largement à un patrimoine commun linguistique et culturel, voire socioéconomique. Ils vivent dans un vaste éventail de milieux. Certains milieux sont relativement homogènes : la proportion de francophones est élevée, les institutions françaises sont nombreuses et la vie quotidienne se passe en français. On les retrouve au Nouveau-Brunswick, en Ontario et au sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, ainsi qu’à l’échelle de plusieurs localités situées ailleurs au pays qui constituent aussi des milieux de vie française. Ce monde francophone dit de souche est souvent rural, quoique certaines villes comme Saint-Boniface ou Vanier soient des carrefours géographiques et historiques de la francophonie. Au contraire, d’autres francophones vivent dans des contextes qui ne leur offrent pas de véritable ancrage spatial, hormis l’accès à certaines institutions comme des écoles, des centres culturels, des églises, quelques organismes communautaires et, plus rarement, des radios et des journaux. Cette réalité est davantage caractéristique des villes et des métropoles, d’où le statut largement minoritaire de ces milieux.

Près de 60 % des francophones du pays vivent dans des régions où ils forment plus de 20 % de la population régionale : ces dernières maintiennent relativement bien leurs acquis sur le plan linguistique et culturel, mais ils sont confrontés à des problèmes économiques struc0turels qui ont été davantage mis à jour par la restructuration mondiale des années 1980. Les francophones vivant dans les autres régions du pays sont bien intégrés au monde économique et maîtrisent plutôt bien leur avancement personnel. Leur défi est tout autre : arriver à maintenir le français dans des milieux où la langue française, fortement minoritaire, s’impose plus difficilement. Le présent profil, qui analysera les tendances de la vitalité des communautés francophones et acadiennes de partout au pays, le montre.

Cette distinction entre les différents milieux de vie française est fondamentale pour qui veut mesurer la vitalité de la francophonie canadienne. Elle ne doit cependant pas faire oublier que les liens entre les francophones des diverses régions, par delà la distance et les frontières provinciales et territoriales, sont nombreux et solides. Ces liens jouent un rôle important dans la vie française au pays que facilite aujourd’hui l’accès de plus en plus large aux nouvelles technologies de l’information et des communications. Depuis quelques décennies, l’attention a été portée sur les communautés francophones et acadiennes des provinces et territoires, prises séparément. Leurs traits distinctifs ont été mis en relief en mettant l’accent sur leur spécificité. Il est maintenant opportun de les présenter comme le système unique qu’elles forment à l’échelle du pays, à travers la parenté et la migration, la circulation de l’information, les échanges culturels, le partage de ressources éducatives, le mouvement coopératif et les ramifications d’un tissu associatif dense et étendu. Legs du passé, les relations qui unissent les Acadiennes, Acadiens et francophones de tout le Canada jouent toujours un rôle central dans la vie quotidienne des communautés en plus de leur offrir les moyens d’enrichir leur avenir.

Le français à la maison reste un défi…


En 2001, 612 985 personnes disaient utiliser le français comme langue parlée le plus souvent à la maison. Elles étaient 675 925 à le faire en 1971. La hausse du nombre de mariages mixtes (francophone/non-francophone) en serait une cause importante.

Suite à une nouvelle question de recensement de Statistique Canada, il nous est maintenant possible de savoir que 336 500 utilisent le français de façon régulière à la maison, même s’il ne s’agit pas de leur langue la plus courante. De ce nombre, 30 000 ne parlent que le français et une langue non-officielle au sein de leur foyer familial.

... Mais une connaissance de la langue de plus en plus répandue


Le nombre de personnes parlant le français (seulement ou avec l’anglais) a presque doublé entre 1951 et 2001. Un total de 2 439 040 personnes auraient aujourd’hui la capacité de le parler au Canada, sans compter le Québec, soit 10,8 % de la population. Depuis 1981, le nombre de personnes parlant le français s’est accru d’un demi-million de personnes. Avec le Québec, il s’agit maintenant de 9 millions de parlants français au Canada. C’est dire l’attrait qu’exerce la langue française au pays.
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Modification : 2013-04-20